Au coeur des éléments …


Art Graphique / Friday, January 5th, 2018

Sandra, entre Paris et Miami, nous anime de son talent coloré !

Mystic Sky, Earth’s Memory, huile et spray sur toile, 76 x 131, 2015

Depuis combien de temps peignez-vous ?

« Je peins depuis environ 15 ans mais je dessine depuis que je suis toute petite. Pour moi la peinture représente un moyen de communication : « Si je savais comment dire les choses, je n’aurai pas besoin de les peindre » disait Edward Hopper ».

D’où tenez votre inspiration, qu’est-ce qui vous motive ?

Les choses arrivent et on les capte sur la toile. Je retranscrits ce que je suis, mon histoire, les émotions du moment.

Je travaille principalement sur 4 séries et c’est important pour moi de pouvoir classer mes œuvres dans des thèmes.

Par exemple le thème « Earth’s Memory » regroupe les peintures référant à l’histoire de la terre, à la façon dont les choses ont été créées, à la façon dont les éléments peuvent se déchainer. Et tout ceci renvoie à des émotions représentant des grands paysages de mer.

 

Black Buterfly, Judaïca, huile sur toile, 81 x 130, 2014

La série Judaïca renvoie à ma religion, à mon histoire et aux questions qui peuvent se présenter notamment par rapport à l’actualité. C’est ma perception, mon rapport à l’histoire et à la religion.

Une autre série regroupe des nus faisant référence aux rapports au corps, à la femme et aux autres. Ces peintures ont été réalisées à partir de personnes qui ont posé ou à partir de photographies d’inconnus.

Enfin ma dernière série qui est la plus récente, s’intitule série POP. Je l’ai commencé en arrivant à Miami. Elle est beaucoup plus flash et beaucoup plus gaie que ce que je pouvais faire avant.

Cette différence est due à l’atmosphère et à l’esprit de la région. La luminosité est plus vive et le soleil est toujours présent. Cela impacte sur le moral et sur l’énergie. La vie est plus cool que sur Paris ce qui inspire différemment les émotions et impacte donc les peintures.

Miami m’a permis de rencontrer un autre public, d’ouvrir d’autres horizons. Mon rapport à la peinture se retrouve d’autant plus léger. On peint ce que l’on est ou ce que l’on ressent. Il y a donc eu effectivement un changement.

 

Quels sont les peintres qui vous ont marqué ?

Mon peintre préféré est Chaïm Soutine de par son côté torturé qui se dégage de ses peintures.

J’aime également Zao Wou-ki car je trouve ses peintures magiques. Il y a aussi Chagall.

J’essaye de coller à des émotions humaines et non à des représentations. Lorsque je peins je cherche à exprimer ce que je ressens, ce que j’ai au plus profond de moi et ce qui me transcende. Cela me parait indispensable pour toucher les gens et les atteindre. De ce fait je me sens plus dans un courant expressionniste. Je ne cherche pas à suivre la mode mais à peintre ce que je ressens.

 

Quel a été votre parcours ?

Lorsque j’ai eu envie d’apprendre la peinture j’ai étudié pendant 3 ans à l’école des Arts de Saint Maur. Ensuite j’ai travaillé de

Le Baiser, Pop, huile et spray sur toile, 60 x 73, 2016

façon à forger ma propre technique.

 

Participez-vous à des expositions ?

Les expositions permettent de rencontrer du monde c’est d’ailleurs ce qui est génial. Un artiste travaille seul de son côté et parfois s’isole pour réaliser ses œuvres. Les expositions sont l’occasion d’échanger avec les autres artistes comme nous et même d’apprendre. Ce sont des lieux de rencontres et enrichissants. Ce mois-ci (décembre 2017) j’ai participé à l’exposition Art Basel de Miami Beach. C’est une exposition internationale de l’art contemporain où se rassemblent de nombreuses galeries pour exposer leurs œuvres.

 

Il y a-t-il une œuvre personnelle qui vous touche particulièrement ?

Oui, Charlie (2017).

Charlie, Pop, huile et spray sut soie, 114 x 146, 2017

De par son titre, ‘Charlie’, l’essentiel de cette toile est posé. ‘Charlie’, c’est celui que l’on est, que l’on n’est pas, celui qui a souffert, qui souffre encore, celui qui est toujours debout, mais bien abîmé, celui qui malgré ses blessures relève encore la tête. Il est bien abîmé, notre ‘Charlie’ et il n’a même plus vraiment l’apparence d’un homme. Il aurait dû être traité avec des couleurs sombres, du rouge, du noir, du gris… Mais non, il se pâre au contraire de couleurs vives, du vert, du rose, du turquoise… Car il est porteur d’espoir, ‘Charlie’, un espoir intrinsèque. Quoiqu’il arrive… Pour finir, un petit extrait qui illustre bien, aussi, la teneur de mon discours :

 

‘’Au rythme de la vie Je marche ma douleur Et je marche Charlie Je ris et je pleure Ces larmes de silence Pour libérer nos coeurs Pour apaiser ma France (…) Je suis tu es (Charlie) Il est nous sommes (Charlie) A l’unisson comme un seul homme Dans mes pensées comme un cri dans la ville A bout portant dans nos coeurs fragiles’’

-M-

 

Merci Sandra. Nous continuerons de suivre vos émotions au travers de vos œuvres et de votre site

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