La fabrique aux merveilles


Sculpture / Sunday, December 31st, 2017

 Virginie, dite Vir Volt est une talentueuse sculptrice parisienne
vivant depuis toujours à Montmartre. Une vocation qui traverse les générations. 

 

Quel est votre parcours ? 

Drunk, Vanité, terre cuite

Mon grand-père était sculpteur. J’ai longtemps vécu dans sa maison, un immeuble d’artistes à Montmartre. J’ai donc été baignée et bercée par ses sculptures sans penser à devenir moi-même sculpteur. En revanche j’ai toujours dessiné et je suis rentrée aux Beaux Arts
à 19 ans. A 4 ans je disais que je serai peintre.

A la fin de mes études,  je me dirigée vers la publicité et j’ai exercé le métier de Directrice Artistique pendant presque 25 ans. En 2007 après un burn-out j’ai décidé de changer de vie, et surtout de rythme de vie! Je n’ai jamais arrêté de faire des croquis mais je voulais tester le volume et j’ai commencé par prendre des cours de taille directe puis des cours de modelage. Ce qui me plaisait, c’était la matière, pouvoir la triturer, en sentir toute la sensualité et soudain faire émerger quelque chose à partir d’un bloc de terre.

Depuis 2013, je me consacre à plein temps à la sculpture.

 

Pourquoi vous êtes-vous orientée vers la sculpture ?

Le contact, le toucher…ressentir la matière mais surtout être en connexion avec le corps et l’esprit. Une façon de se recentrer sur le réel, une démarche pour retrouver du sens, un mouvement de soi vers l’extérieur. Ça change des ordinateurs! Et en 2012 j’ai commencé à faire des expos et là j’ai réalisé que c’était vraiment ce que je voulais faire de ma vie.

 

Quelle matière travaillez-vous ?

Echo Logic I , Echo Logic

J’utilise principalement la terre mais aussi le papier mâché, le plâtre, la résine, le bois. 
Je travaille depuis quelques années une terre très blanche et lisse, qui donne un aspect proche du marbre ou du plâtre. Mais ce choix dépend des sujets.

Sur la série « Echo logic » par exemple, la terre blanche permet d’exprimer la sérénité, une certaine pureté, un message d’éternité, celle du cycle de la vie.

Il m’arrive également de patiner la terre à l’aide de pigments et de solvants pour retravailler la matière une fois cuite, ce qui permet de jouer avec la lumière et les reliefs.

 

Comment vous est venue l’idée de votre série sur les éléments du corps humains ?

Je pense que l’idée m’est venue en pratiquant le yoga : la conscience du corps enraciné au sol, les ancrages, cette sensation du prolongement de soi sur le sol mais aussi le lâcher prise.

Et puis en regardant des planches d’organes j’ai trouvé une similitude avec les végétaux. J’ai donc travaillé toute une série d’organes du corps humain en recherchant le lien avec la nature. Mon poumon par exemple que j’ai appelé “Respiration” est tel un arbre ou un rocher avec un oiseau perché.

 

D’où vous viennent vos idées car vos séries ne se ressemblent pas ?

Il y a des thèmes récurrents comme les Vanités dont j’adore la force de l’iconographie. Mes Vanités sont plutôt joyeuses, elles reflètent une trace de notre vivant, peut-être une façon pour moi d’apprivoiser la mort.

Avec la Série « Echo Logic » je cherche à rendre hommage au monde naturel, à rappeler à chacun d’où nous venons, où nous allons, à provoquer cet écho poétique qui devrait résonner en chacun de nous. Je reprends aussi parfois certaines de mes sculptures que j’enrichis de fleurs, de végétaux et de toutes sortes d’animaux sculptés.

 

J’ai commencé la sculpture par un bestiaire, « l’humain » me rappelait trop l’académisme des cours de modèle vivant des Beaux-Arts. Je suis donc partie sur la part d’humain mais chez l’animal. J’ai commencé à faire des animaux en buste, une autruche avec

une collerette, un buffle en maréchal, mais en fait je cherchais déjà le lien entre l’homme et la nature.

Bufle 2, Bestiaire

 

Vous travaillez seule ?

Oui. En revanche je suis membre d’associations d’artistes comme « Les Portes d’Or » à Paris ou “Etincelle” dans le Sud où je participe à d’un Chemin d’Art depuis 4 ans.

J”aime le collectif pour exposer en groupe, échanger et promouvoir l’art, mais je préfère travailler seule.

 

Pouvez-vous nous dire ce qu’est la « Fabrique de Curiosités » ?

C’est le nom de l’atelier de sculpture que j’ai créé à Montmartre en 2013. Je donne des cours à mon atelier et dans des écoles ou lors de stage thématique. Ça prend du temps mais ce sont aussi des moments d’échange et de transmission.

Quant au nom « Fabrique de Curiosités », il est inspiré par les collections du 16ème et 17ème siècle un peu étranges et excentriques qu’étaient les Cabinets de curiosités.

J’aime bien associer le bizarre et le raffiné.

 

 Bon courage à cette talentueuse sculpteuse ! 

 

 

 

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